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Un européisme britannique conquérant : les tentatives d’implantation de la New Commonwealth Society et de Federal Union sur le continent

Un européisme britannique conquérant : les tentatives d’implantation de la New Commonwealth Society et de Federal Union sur le continent (1938-1940)

Christophe LE DRÉAU


Selon Bède le Vénérable (675-755), historien des Anglais et chroniqueur Des six États du monde, l’Europe était essentiellement composée de la Gaule, de la Germanie et de l’Espagne, l’Italie s’y joignant plus tard. L’Angleterre et la Scandinavie, notons-le, s’en voyaient dès cette date exclues…par un Anglais ! [1]

L’Angleterre est-elle européenne ? Si l’on fait sien l’implacable raisonnement de Denis de Rougemont sur l’idée d’Europe, il n’y a plus rien à dire : la Grande-Bretagne a toujours été contre. C’est un fait que l’historiographie sur les relations particulières entre les îles britanniques et le continent peut aisément tomber sur une impasse. Toute étude sur la Grande-Bretagne et l’Europe n’a plus qu’une unique finalité : expliquer pourquoi les Britanniques ont rejeté la CECA, la CED puis la CEE. On se contente alors d’illustrer l’anti-européisme d’un pays qualifié d’allergique à l’Europe. Les possibilités de renouveler la question sont minimes mais existent. Deux voies peuvent permettre de contourner cette impasse. En premier lieu, le renoncement à une histoire diplomatique exclusive. La politique européenne de la Grande-Bretagne a essentiellement été traitée sous cet angle. Or, indéniablement, les politiques gouvernementales d’après-guerre renforcent l’image d’un pays génétiquement eurosceptique. Pourtant les postulats des gouvernements successifs ne signifient en rien qu’il n’a pas existé de milieux porteurs de l’idée européenne. Que leur échec final soit patent n’y change rien. Il faut accepter de faire l’histoire des vaincus. La deuxième piste méthodologique est le choix crucial de la période à considérer. L’étude de la préhistoire de l’idée européenne, c’est-à-dire la période antérieure aux premiers grands textes de l’Europe unie comme le discours de l’Horloge de Robert Schuman, le 9 mai 1950, s’avère utile. Elle permet de mettre en évidence l’existence de milieux européistes outre-Manche, indépendamment des formes revêtues par les premières réalisations de la construction de l’Europe. On peut être contre la CECA par germanophobie sans que cela implique un quelconque euroscepticisme. On rejette alors simplement la forme dans laquelle s’est incarnée l’idée européenne. Dans le cas d’une personnalité aussi complexe qu’Arthur Salter, les frontières entre européisme et euroscepticisme sont floues [2]. Propulsé sur le devant de la scène alors qu’il occupe le poste de directeur de la section économique et financière de la Société des Nations, on retient d’abord de lui qu’il rédigea des notes qui servirent à la rédaction de la réponse, négative, de la Grande-Bretagne au Plan Briand. De fait il déteste ce projet qu’il juge fumeux, anti-américain et qui affaiblit avant tout la SDN alors composée essentiellement de pays européens. Et pourtant, dès 1925, il est l’un des rares contacts et soutiens de Richard Coudenhove-Kalergi et de son projet de Paneurope. Avec son camarade du secrétariat de la SDN, Jean Monnet, il co-rédige le mythique projet d’union franco-britannique du 16 juin 1940. Membre du United Europe Movement que fonde Winston Churchill en 1947, adhérent de la première heure à la section britannique de la Ligue européenne de coopération économique, c’est en toute logique qu’il prend position pour une adhésion de la Grande-Bretagne à la CECA. Et pourtant, il n’aime pas le projet de Communauté économique européenne, même s’il n’aura guère l’occasion de l’exprimer ouvertement, menant une mission de conseil économique auprès du gouvernement irakien durant toute l’année 1957. Seule sa correspondance avec Jean Monnet traduit son sentiment d’être dépassé par les événements. Il n’avait pas peur d’utiliser le terme de fédéralisme mais se classait parmi les unionistes. En réalité, cette distinction entre fédéralistes et unionistes est par trop artificielle : il voyait le fédéralisme comme un fait irréversible mais à très long terme. Il fut alternativement pour et contre, en fonction des formes que prenait l’Europe. L’étude des associations pro-européennes britanniques, entre le Plan Briand (1929) et le Plan Schuman (1950) peut mettre en lumière ces milieux porteurs de l’idée européenne grâce aux deux postulats méthodologiques énoncés ci-dessus. Un premier constat s’impose : la Grande-Bretagne a elle aussi connu un âge d’or européiste durant l’entre-deux-guerres et l’immédiat après-Seconde Guerre mondiale. Ces mouvements n’ont pas été anecdotiques, car ils furent précoces : la European Unity League de Max Waechter étant, dès 1913, l’une des doyennes en Europe. Ce furent aussi parfois des mouvements de masse : Federal Union revendique près de 230 groupes locaux en 1940 avant de décliner en raison du conflit mondial. À la différence d’autres pays, ce furent des mouvements durables : la New Commonwealth Society, fondée en 1932 existe encore aujourd’hui sous la forme d’un think tank  ; Federal Union, apparu en 1938, perdure sous la même appellation. Certaines de ces organisations européistes n’ont toujours pas fait l’objet de recherches approfondies. C’est le cas de la European Unity League dont l’histoire dépend toujours des récits autobiographiques de son fondateur. La British League for European Federation, née dans la foulée de l’enthousiasme européiste du plan Briand, en 1934, attend toujours son historien. Nous présenterons la New Commonwealth Society et Federal Union pour illustrer certaines hypothèses nées d’une recherche plus vaste sur les associations pro-européennes britanniques [3].

L’échec d’un européisme d’importation Le Plan Briand, proposé du haut de la tribune de l’Assemblée de la Société des Nations, le 5 septembre 1929, a rencontré peu d’échos favorables en Grande-Bretagne. La réponse négative de cette dernière aux projets d’Europe unie d’Aristide Briand est parfois présentée comme son premier « non » à l’Europe [4]. De fait, les mouvements européistes venus du continent qui ont tenté de s’implanter à Londres se sont trouvés face à une complète incompréhension. L’européisme comme produit d’importation a été un échec. Il en va ainsi de l’Initiative scandinave du Danois Heerfordt [5]. La diffusion de l’Initiative scandinave semble être restée stérile dans les îles britanniques alors que la Grande-Bretagne est un objectif prioritaire du Dr Heerfordt. Son premier ouvrage, Une Europe nouvelle paraît au Danemark en 1924. On peut suivre les cheminements de l’Initiative scandinave dans ses rapports périodiques, rédigés notamment en anglais, ainsi qu’en allemand et en français. Mais l’utilisation de la langue de Shakespeare ne semble pas l’avoir particulièrement aidé dans son implantation. Lors de sa grande tournée européenne de 1927, il se rend successivement aux Pays-Bas en février, en Belgique en mars et enfin, à Londres le même mois. Il s’agit alors du premier et dernier voyage en Grande-Bretagne. Significativement, on ne trouve aucune mention d’Heerfordt dans les archives nationales britanniques. Au niveau gouvernemental et des administrations, l’échec semble patent. Dans les archives du Foreign Office, aucun de ses memoranda ne semble avoir été conservé. Le plus ancien document émanant de l’Initiative scandinave n’a été acquis qu’en 1946 [6]. Probablement alors que le Foreign Office se documente sur le mouvement pro-européen revigoré par les discours européistes de Winston Churchill. Au niveau des forces politiques, ses principaux contacts sont du côté des conservateurs, les archives nationales danoises à Copenhague conservent les traces d’une correspondance entre Heerfordt et Winston Churchill [7]. Mais il s’agit d’une correspondance à sens unique. Rien sur l’Initiative scandinave dans les archives britanniques de Winston Churchill. Aucune mention de cet échange dans la monumentale biographie de Martin Gilbert [8] qui retrace pourtant à l’envi les relations avec Richard Coudenhove-Kalergi. Son regain d’activité en Grande-Bretagne, entre 1935 et 1936, est lié à la guerre d’Éthiopie à laquelle C.F. Heerfordt semble particulièrement sensible. À cette occasion, il adresse des courriers, datés d’octobre 1935, à Samuel Hoare afin de lui suggérer des propositions de réconciliation entre l’Italie fasciste et l’Éthiopie [9]. Il ne semble pas avoir reçu de réponses [10]. De fait, Heerfordt peine à imposer son Initiative scandinave face à la Paneurope et oriente sa propagande de manière désordonnée, au gré de ses échecs [11]. On peut multiplier à l’infini les exemples patents d’échecs. De toutes les initiatives européistes venues du continent, il semble que celle d’Émile Mayrisch soit la moins connue. Elle est effectivement ignorée au sommet de l’État [12], n’a pas de comité national, a peu d’écho dans la presse. Robert Boyce affirme que « le Comité franco-allemand d’information et de documentation, fondé par le sidérurgiste luxembourgeois Émile Mayrisch et composé de nombre des figures marquantes des milieux bancaires et industriels français et allemands, était apparemment inconnu du Foreign Office » [13]. Il est vrai que par son intitulé même, le CFAID d’Emile Mayrisch écarte la Grande-Bretagne. Paneurope peine également à créer sa section britannique. Un premier Comité londonien pour la Paneurope a vu le jour autour du journaliste Wickham Steed. Mais il n’a pas eu de véritable activité. Coudenhove-Kalergi trouve en 1930, une seconde occasion d’implanter son mouvement outre-Manche. Les 17 et 18 mai 1930, le Cobden Club, dont l’œuvre consiste à promouvoir les enseignements libre-échangistes de Richard Cobden, organise un « European Week-End » dans la foulée du Plan Briand [14]. Cette conférence de mai 1930 se propose de répondre aux questions suivantes : « Dans quelle mesure un plan pour les États-Unis d’Europe pourrait-il aider à : 1-abaisser les barrières tarifaires ; 2- augmenter le volume du commerce et l’emploi ; 3- conduire les nations européennes à une compréhension mutuelle et une coopération étroites ; 4- sans remettre en cause l’équilibre des puissances s’agissant (a) des États-Unis, ou (b) du reste du monde ; 5- quelle place occuperaient les colonies extra-européennes et les Dominions des nations européennes dans un projet d’États-Unis d’Europe ? ; 6- la proposition d’États-Unis d’Europe n’est-elle en aucune manière contraire à l’idéal de libre-échange universel de Cobden ? ou toute proposition en faveur d’États-Unis d’Europe doit-elle être présentée comme une étape en direction de l’idéal de Cobden ? » [15] Plus concrètement l’objectif est de fonder une association chargée de défendre l’idée d’Europe unie en Grande-Bretagne. À cet effet, le Cobden Club demande aux principales organisations continentales de déléguer un représentant. On retrouve ainsi l’Union douanière européenne (UDE) représentée par Henri Truchy, son vice-président, l’Europäische Zollverein, représenté par son président Edgar Stern-Rubarth, de Berlin, également membre du Comité international de l’Union douanière européenne, le Comité français pour la coopération européenne, représenté par André Toledano, de Paris, rédacteur en chef du Monde nouveau, l’Union paneuropéenne représentée par le professeur Von Schulze-Gaevernitz, de Freibourg en Allemagne et par A. Watts du Royal Institute of International Affairs de Londres, la Ligue du libre-échange, avec Robert et Max Sorel, la Carnegie Foundation for International Peace enfin. La journée du 18 mai est entièrement consacrée à la présentation du mouvement paneuropéen. Cette présentation prend une tournure insolite car, « en fait, aucun des orateurs officiels, Pr Von Schultze-Gaevernitz et M. Watts, ne se sont révélés être de véritables partisans de ce projet » [16]. A. Watts commence par un bref historique du mouvement paneuropéen. Mais il se montre extrêmement critique à l’égard de Coudenhove-Kalergi :

« Le mouvement n’a pas gagné le soutien de la population sur le continent, et aucune véritable section de l’Union Paneuroépenne n’a été constituée en Angleterre. [...]. Il est évident qu’un tel mouvement est trop théorique et idéaliste pour aboutir à une coopération européenne concrète. Le mouvement a servi de tribune pour mesurer la bonne volonté européenne, et en cela il a fait une propagande utile. Mais en tant que mouvement véritable, il demeure surtout un outil de propagande personnelle au service de son fondateur. Le sentiment en Angleterre à l’égard de tels mouvements est celui d’une sympathie de principe, mais sans volonté de se lier à aucun mouvement ou projet précis. […] Notre sentiment est qu’une confédération européenne doit faire partie intégrante de la Société des Nations, et que toute réalisation concrète ne peut être obtenue que par l’intermédiaire des mécanismes sociétaires. […] Une union politique rigoureuse de l’Europe d’après-guerre serait prématurée » [17]. En conséquence, la formation d’un groupe affilié à Paneurope est écartée. Le nouveau groupe fondé constituera donc une branche britannique de l’Union douanière européenne, qui lui-même vivotera, faute d’arriver au bon moment, et d’avoir pu distinguer clairement libre-échangisme et européisme. De ce point de vue, il est indéniable que la Grande-Bretagne a manqué l’âge d’or européiste des années 1929-1930. Ce qui confirme l’allergie britannique à une certaine forme d’européisme. Et pourtant, dans le même temps l’idée européenne et fédéraliste suit une voie spécifiquement britannique.

Les succès d’un européisme d’exportation La New Commonwealth Society On trouvera un cas d’espèce chez Lord David Davies, fondateur de la New Commonwealth Society. Né en 1880, David Davies est membre d’une des grandes familles industrielles galloises. Son grand-père, à qui il doit son prénom de David, fit fortune au cours du XIXe siècle dans la construction ferroviaire ainsi que dans le charbon. Il agit en évergète et il est impossible d’énumérer toutes ses activités de mécène : auprès de la Fédération galloise de football, des universités galloises, de l’église presbytérienne, etc. Retenons de tout cela que le cadre de son action est le Pays de Galles plus que la Grande-Bretagne, ce qui témoigne sans aucun doute d’un certain chauvinisme gallois. Enfin, et c’est l’aspect de sa vie qui nous intéresse ici, il sait se montrer un militant dévoué à la cause de la paix en Grande-Bretagne. La guerre de 1914-1918 marque en effet pour lui un grand tournant. Il prend part personnellement au conflit et en sort convaincu qu’une société des nations est nécessaire au règlement des conflits européens et mondiaux. Il rejoint la puissante League of Nations Union (LNU) qu’il subventionne pour une large part [18]. Ses idées peuvent paraître hétérodoxes. En 1935, il publie un livre-programme, sobrement intitulé Force. Sa grande idée est la nécessaire constitution d’une force de police internationale dans le cadre d’une SDN renforcée, même si les États doivent consentir pour cela quelques abandons limités de souveraineté. La force de police internationale doit notamment aboutir à la création d’une force aérienne internationale. En effet, celle-ci posséderait un armement ultramoderne. Davies ne croit pas à la solution du désarmement et il se prononce contre la neutralité, l’objection de conscience. Enfin, il souhaite la création d’un tribunal international réellement compétent. Au tournant des années 1930, il ressent une certaine gêne au sein de la LNU. Cette situation d’opposition permanente au sein de la LNU le pousse, en 1932, à créer son propre mouvement The New Commonwealth Society (NCS) afin de défendre ses idées. L’idée d’Europe unie n’apparaît pas dès le départ. Il s’agit plutôt d’une lente conversion. Cependant, l’échec de la SDN en Mandchourie puis en Éthiopie, l’hostilité à l’égard de la politique d’appeasement amène ce mouvement pro-SDN à réorienter ses idées. Winston Churchill devient en 1936 le président de sa section britannique, en signe de défi envers Neville Chamberlain. Puis progressivement le thème européen vient à poindre. En 1939, Lord Davies publie une brochure intitulée The Anglo-French Alliance. C’est un des nombreux projets d’union franco-britannique qui fleurissent avant celui, célèbre, du 16 juin 1940, co-rédigé par Arthur Salter et Jean Monnet. L’année suivante, en 1940, David Davies complète ses idées dans un nouvel ouvrage, A Federated Europe. La force de police internationale devient une armée européenne ayant le monopole de la force aérienne. C’est un des rares projets d’Europe unie débutant par l’Europe de la défense. Sa conversion à l’Europe s’accompagne d’une politique d’expansion. Dès 1933, la NCS se dote d’une section internationale qui est nettement plus européiste que sa section britannique. Elle réunit les européistes français Henri de Jouvenel, Georges Scelle, le suisse Hans Bauer de l’association Europa-Union. En 1937, la New Commonwealth Society revendique 18 sections nationales, notamment en Europe centrale (Hongrie, Bulgarie, Tchécoslovaquie) et en Europe de l’ouest (Pays-Bas, France, Suisse). La Suisse est une réussite pour l’implantation de la NCS. Ce rapprochement est dû notamment à l’activité d’exilés allemands dans l’association suisse et britannique, en l’occurrence Adolf Grabowsky et Ernst Jäckh [19]. Lubor Jilek y voit aussi le signe d’une très forte ambition : « L’Union européenne (Europa-Union) n’occupe qu’une des plages de l’activisme internationaliste en Suisse. Elle n’en nourrit pas moins une sourde ambition continentale qui la conduit à rallier la New Commonwealth Society [20] ». Hans Bauer est également en rupture avec Richard Coudenhove-Kalergi à qui il reproche son autoritarisme. Comparativement, Lord Davies a deux avantages : fortuné, il a les moyens de ses ambitions ; Gallois, donc géographiquement éloigné, il est moins encombrant que le patron de Paneurope. Europa-Union décide de s’affilier à la New Commonwealth Society en 1937 dont elle constitue officiellement la section suisse. La confrontation entre deux cultures nationales est cependant difficile au sein même d’une organisation transnationale. Europa-Union défend avec fierté les particularismes de la Suisse, offerte en modèle pour l’Europe. La question de la neutralité suisse, partie intégrante du caractère national suisse, pose particulièrement problème. En septembre 1943, Lord Davies écrit une lettre au Times dans laquelle il attaque notamment les pays neutres, ne comprenant pas en particulier le refus de s’engager de la Suisse. En octobre 1943, lors d’une réunion de chefs de sections de Europa-Union, Hans Bauer propose d’exiger des explications sur cet article et d’envisager une désaffiliation de la New Commonwealth Society [21]. Hans Bauer n’est pas suivi et les liens sont maintenus jusqu’en 1945. La rupture n’en est pas moins consommée et montre les limites de l’européisme d’exportation proposé par la NCS. L’européisme possède en effet de nombreuses variantes nationales. En France, la NCS s’appuie sur le juriste Georges Scelle mais aussi sur Pierre Cot (que l’on tente d’intéresser aux projets de force aérienne internationale) et Paul Desjardins, l’animateur des Décades de Pontigny, qui devient vice-président de la section internationale. En 1936, la NCS tient son université d’été à Pontigny, à la suite des Décades. Celles de 1937 tournent d’ailleurs autour de la NCS avec Georges Scelle traitant de la « reconstruction de la SDN », Lord Davies et Ernst Jäckh figurent parmi les orateurs. En octobre 1938, une deuxième université d’été se tient à Pontigny avec cette fois-ci le comte Sforza, David Davies et Ernst Jäckh dissertant sur l’union européenne. Une nouvelle université est annoncée pour juillet 1939 mais ne se tiendra pas en raison de la guerre. La disparition des archives des Décades de Pontigny ne permettent que de faire des hypothèses mais la méthode de Lord Davies transparaît, il achète ses tribunes, ici en louant probablement l’abbaye de Pontigny [22].

Federal Union Federal Union est fondée en 1938, quelques semaines avant la conférence de Munich, par trois jeunes inconnus : Derek Rawnsley, Patrick Ransome et Charles Kimber. Leur but est avant tout de fonder une nouvelle organisation pacifiste. Rapidement, ils reçoivent le soutien des principaux leaders du Round Table Movement, Lord Lothian et Lionel Curtis, et le mouvement s’étend. Federal Union cherche dès 1939 à s’étendre sur le continent et à créer des sections nationales. Charles Kimber se rend ainsi en Belgique en août 1939 tandis que Derek Rawnsley fait, cette même année, une tournée européenne en passant en Suisse, en France et en Italie. Preuve de cette volonté de se transformer en institution capable d’exporter la pensée fédéraliste britannique à l’étranger, Federal Union fonde symboliquement une Foreign Section en mai 1940, présidée par Derek Rawnsley. Cette Foreign Section n’a pas eu le temps de se mettre en place ailleurs que sur le papier. La guerre a profondément perturbé le fonctionnement de Federal Union et a donné un coup d’arrêt à son développement tant au niveau national qu’international. Surtout, le manque d’argent limite les possibilités de croissance à l’extérieur. Derek Rawnsley démissionne d’ailleurs presque immédiatement de la présidence en raison de ses engagements militaires. C’est une tentative mort-née mais qui reprend vie en janvier 1941 sous le nom de Foreign Committee of Federal Union. Cependant il s’agit cette fois-ci d’un tout autre contexte, d’une tout autre ambition, celle de fédérer les militants de l’Europe venus du continent et exilés à Londres durant toute la durée du conflit. Ce comité est composé de représentants d’exilés à Londres [23]. En France, les contacts les plus fructueux semblent avoir été avec Jean Coutrot. Il est contacté en mars 1940 par Derek Rawnsley, en voyage sur le continent afin de développer les liens continentaux de son organisation (son voyage le conduit en France et en Suisse notamment). Rawnsley lui demande de collaborer à « l’étude du problème immédiat de la fédération des Alliés pendant la guerre ». Coutrot est invité à participer le 5 mai 1940 à une réunion où se réuniront tous les contacts français de Federal Union (Louis Rougier, Auguste Detoeuf). Coutrot publie un article dans Federal Union News, transmet des exemplaires de cette revue à Jules Romains. Son biographe, Olivier Dard, affirme qu’il avait l’ambition de lier Federal Union à l’association World City Movement de Salvador de Madariaga (l’une de ses connaissances) par le biais d’un comité fédéraliste français à créer. En avril-mai 1940, il se consacre à la propagande en faveur d’une union franco-britannique. Il reçoit des réponses positives de René Belin et de Gaston Riou. Lors d’un déjeuner qu’il donne le 23 avril 1940, dans le cadre de son association, le Centre d’études des problèmes humains, Jean Coutrot affirme que la fédération constituée doit avoir une « forme constitutionnelle », sera une fédération avec des « abandons de souveraineté », regroupera « au moins 100 millions d’habitants », nécessitera la construction du tunnel sous la Manche car « nous avons à creuser ce tunnel matériel, juridique, économique et psychologique qu’emprunteront les courants internes de nos deux pays et qui laissent à chacun sa relative et nécessaire autonomie ». Puis le cercle s’élargit et Federal Union rencontre de vrais succès. En avril 1940, l’association organise une grande rencontre franco-britannique des économistes sous son égide. On note parmi les présents : William Beveridge, Friedrich Von Hayek, Patrick Ransome, Lionel Robbins, Barbara Wootton côté britannique ; Baudin, Isambert, Georges Scelle, Louis Rougier, Marlio, Jacques Rueff, Salvadori, côté français. Un éphémère Comité d’action pour l’union fédérale des peuples (CAUFP) est créé par Jacques Mougin, à Paris. Il s’agit clairement d’un adepte de Clarence Streit. La traduction française du livre de Streit a rencontré un succès immédiat en France (prés de 1 000 exemplaires vendus en deux semaines) [24]. Ce Comité est en relation avec Federal Union en Grande-Bretagne. Un groupe de travail commun est programmé à Nice en août 1939 entre les deux mouvements mais l’annonce de la guerre rend finalement impossible cette rencontre. Il s’agit incontestablement d’établir une coordination entre tous les groupes se réclamant des idées de Clarence Streit : Comité d’action pour l’union fédérale des peuples en France, Federal Union en Grande-Bretagne, Interdemocracy Federal Unionists créé aux États-Unis par Clarence Streit lui-même et qui publie The Union Bulletin [25]. L’éditeur Jonathan Cape joue un rôle important dans la structuration de cet âge d’or britannique. En 1939, il publie Union Now de Clarence Streit. En mars, Charles Kimber et Derek Rawnsley obtiennent qu’il insère un carton publicitaire à l’en-tête de Federal Union afin de favoriser le recrutement de militants fédéralistes. Le 16-17 mars 1940, est organisée à son siège du 30 Bedford Square à Londres une réunion où sont présents notamment Channing-Pearce, Wickham Steed, Storm Jameson, H.G Wells, Canon Raven, Olaf Stapledon, Gilbert Murray, etc., venant de Federal Union, de la New Commonwealth Society, de mondialistes, afin de créer un front uni des forces fédéralistes. Dans cette volonté d’expansion, la Suisse est aussi une étape importante, Federal Union cherche à capter l’« esprit de Genève » au profit de leur européisme. Derek Rawnsley poursuit donc logiquement sa tournée européenne auprès des fonctionnaires internationaux. Il y trouve un certain nombre de soutiens, à l’image d’Archibald Agard Evans. Ce dernier est né à Dresde le 23 mars 1906. Il fait ensuite des études au Collège scientifique cantonal de Lausanne, puis, en 1929, achève celles-ci à Cambridge où il étudie l’économie et les sciences politiques. Haut fonctionnaire du Bureau international du travail (1929-1940 puis 1951-1966, date à laquelle il est devenu directeur de l’une de ses sections). Il vit presque exclusivement en Suisse, notamment à St-Légier La Chiesaz, quoiqu’il conserve sa nationalité britannique. Du début des années 1930 jusque dans les années 1990, il édite une petite Newsletter, ainsi qu’il la nomme, adressée à ses amis, collègues du BIT ou familiers (il s’agit en fait de deux pages recto verso). Il y commente l’actualité internationale et parle abondamment de l’Europe. En 1932, A. Evans adhère à la New Commonwealth Society de Lord Davies et devient en quelque sorte un relais de l’organisation au sein du milieu des fonctionnaires internationaux. Il entre en contact avec Federal Union en 1939. Dans une lettre d’A. Evans à Mlle M. Schick, le 24 février 1989, il raconte sa rencontre avec Rawnsley : « Peu avant, j’avais eu la visite de Derek Rawnsley, qui voulait fonder une union fédérale en Angleterre, sans se rendre compte de ce qui avait déjà été fait par le mouvement paneuropéen de Coudenhove-Kalergi et bien d’autres. Il avait parlé aux fonctionnaires de la Société des Nations en les accusant d’être les serviteurs de gouvernements nationaux, sans se rendre compte que la plupart d’entre eux étaient d’accord avec ses conceptions fédéralistes. Je l’ai invité après chez moi, et je lui ai montré les cartes dans l’index de la Bibliothèque du BIT et de la SDN sur le sujet de l’union européenne, etc. Il y en avait plus de 200, déjà en 1939 ! » [26]. A. Evans précise son récit dans une lettre à Andrea Bosco, le 4 mai 1989 : « Cela peut vous intéresser de savoir que Rawnsley, accompagné par Leslie [Edgeworth], qui avait été vice-consul de Grande-Bretagne à Innsbruck, vint à Genève à l’automne 1939 et fit un discours devant les fonctionnaires de la Société des Nations, les critiquant parce qu’ils travaillaient pour une organisation d’États-nations. […] Je n’étais pas présent lors du discours de Rawnsley, mais ma femme y était […]. En fait, j’ai été invité par Rawnsley à renoncer à mon travail au Bureau international du Travail et à occuper le poste de conseiller à la recherche pour Federal Union, mais dans les circonstances de l’époque et de mon travail, je ne pouvais accepter une telle offre » [27].

La Grande-Bretagne n’est donc pas allergique à l’Europe ainsi que semblait le prétendre Denis de Rougemont. Elle a également connu son âge d’or européen mais avec un décalage chronologique. Quelques repères chronologiques suffiront ici à éclairer cet âge d’or. En 1938, Federal Union est fondé tandis que Richard Coudenhove-Kalergi multiplie les voyages pour établir enfin un comité paneuropéen qui voit effectivement le jour l’année suivante autour de Leo Amery, Arthur Salter, Duff Cooper. À cela s’ajoute la profusion éditoriale : Union now de Clarence Streit, The Case for Federal Union de W. B. Curry, pour les titres les plus marquants de l’année 1939. On garde enfin en mémoire le projet d’union franco-britannique du 16 juin 1940 qui fut l’aboutissement de cette euphorie européiste des années 1938-1940. La guerre met fin à cette expansion, l’âge d’or de l’européisme britannique, qui s’est épanoui entre 1938 et 1940, est achevé.

[1] Denis de Rougemont, Vingt-Cinq siècles d’Europe, Paris, Payot, 1961, p. 48.

[2] Christophe Le Dréau, Arthur Salter face à la construction européenne (1929-1950), mémoire de DEA sous la direction de Robert Frank, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 1999, 232 p.

[3] Christophe Le Dréau, Les associations pro-européennes en Grande-Bretagne, du plan Briand au Plan Schuman (1929-1950), thèse de doctorat de l’Université de Paris I Sorbonne, sous la direction de Robert Frank.

[4] Robert Boyce, « Britain’s First “No” to Europe : Britain and the Briand Plan, 1929-1930 », European Studies Review, volume 10, n° 1, janvier 1980, p. 17-45.

[5] Voir en particulier Claus Corneliussen, universitaire de nationalité danoise, qui a soutenu à l’Institut universitaire de Florence, en 2006, une thèse de doctorat : Dr Heerfordt : a private political entrepreneur and his federal plans for nordic and european unity in the interwar period. Cette thèse s’intéresse cependant avant tout à l’action du Dr Heerfordt dans les pays scandinaves et peu dans le reste de l’Europe (sauf au travers du prisme des relations d’Heerfordt avec Richard Coudenhove-Kalergi et Aristide Briand). La Grande-Bretagne n’est abordée que pour la place qui lui est accordée dans le plan scandinave.

[6] FO 371/56121 : Memoranda on European Unity by Dr. C.F. Heerfordt of Copenhagen, 1946.

[7] Nous remercions Claus Corneliussen pour cette information. Le biographe du Dr Heerfordt nous a confirmé la faiblesse des échanges épistolaires avec des personnalités éminentes britanniques à l’exception de Winston Churchill. Claus Corneliussen n’en fait cependant pas un interlocuteur de premier plan. Lettre de Claus Corneliussen à l’auteur, 7 novembre 2005 : « There is quite a lot on the UK and quite a number of letters between Heerfordt and leading British politicians as e.g. Churchill in Heerfordt’s private archive in Denmark (National Archives "Rigsarkivet" in Copenhagen). Most of this material is in English. You will come a long way by just consulting Heerfordt’s several publications for the role of the UK (most translated to English, French, and German). »

[8] Martin Gilbert, Winston S. Churchill, Londres, Heinemann, 1988, 8 volumes. Les volumes 6, 7 et 8 qui couvrent la période 1922-1965 présentent Paneurope comme l’unique organisation pro-européenne venant du continent ayant des contacts avec lui.

[9] LP/WG/PCE/335 : The William Gillies Papers, copie d’une lettre d’Heerfordt à Samuel Hoare, 11 décembre 1935. Labour History Archive and Study Centre (People’s History Museum/University of Central Lancashire).

[10] D’autres indices permettent de penser que l’essentiel de l’activité d’Heerfordt en Grande-Bretagne eut lieu à l’occasion de la guerre d’Éthiopie. Dans la National Library of Ireland, les « Bernard Edward Barnaby FitzPatrick, Lord Castletown (1848-1937) Papers » (Mss 35, 295-332) contiennent quelques lettres de C. F. Heerfordt, datées elles aussi de 1935. Heerfodt a certainement fait la connaissance de cet aristocrate lettré au Danemark. Grand amateur de chasses aux gibiers atypiques, il s’était à plusieurs reprises rendu en Scandinavie afin d’assouvir sa passion.

[11] Geneviève Duchenne propose une chronologie de l’action d’Heerfordt qui confirme que le pic d’activité en Grande-Bretagne se situe entre 1933 et 1937 : « Axée, jusqu’en 1933, sur la France, autour d’un “projet franco-scandinave”, puis sur l’Allemagne et la Grande-Bretagne, la propagande d’Heerfordt se réoriente, en 1937, vers la Belgique. Si le Danois semble avoir approché, sans succès, l’Institut d’économie européenne vers 1934, il se félicite surtout de la nouvelle orientation de la politique extérieure prise par Spaak ». G. Duchenne, Esquisses d’une Europe nouvelle : l’européisme dans la Belgique de l’entre-deux-guerres (1919-1939), Louvain-La-Neuve, 2006, p. 50.

[12] Nous ne pouvons que confirmer l’impossibilité de trouver des archives sur le CFAID dans les National Archives. Les seules archives disponibles proviennent de documents confisqués à l’ambassade allemande à Paris en 1944 : Le National Register of Archives ne possède aucune entrée à son sujet.

[13] « Thus the Comité franco-allemand d’information et de documentation, instituted by the Luxembourg steel maker Emile Mayrisch and comprising many of the leading figures in French and German banking and heavy industry, was apparently unknown to the Foreign Office ». Robert Boyce, « Britain’s First “No” to Europe… », op. cit., p. 24.

[14] « The proposal to hold a conference at Dunford House on this subject was brought forward at a meeting of the Board of Governors of the Dunford House Association in décember 1929 and was approved. Correspondance was at once opened with the leading European societies and individuals concerned in previous discussions of the topic, and very cordial replies were received » (Dunford House Association, Cobden Memorial, United States of Europe : Report of a conference held in may 1930 at Dunford House near Midhurst, Sussex, Londres, Unwin Brothers limited, 1930, p. 1.

[15] « To what extent may some plan for a United States of Europe assist in : 1-breaking down tariff-barriers ; 2- increasing the volume of trade and employment ; 3- bringing European nations into a close mutual understanding and co-operation ; 4- without setting up a new balance of power as regard (a) the United States, or (b) the rest of the world ; 5- in what relation would the extra-European colonies or Dominions of European nations stand to any scheme for a United States of Europe ? ; 6- is the proposal for a United States of Europe in any way antagonistic to Cobden’s ideal of universal Free Trade ? or can any proposal for United States of Europe be put forward as a step towards Cobden’s ideal ? ». In Dunford House Association, Cobden Memorial, United States of Europe : Report of a Conference Held in May 1930 at Dunford House near Midhurst, Sussex, Londres, Unwin Brothers limited, 1930, p. 2.

[16] « In the event, neither of the formal speakers, Pr. Von Schultze-Gaevernitz and Mr Watts, proved to be an out-and-out supporter of this project ». In Dunford House Association, Cobden Memorial, United States of Europe …, op. cit., p. 14.

[17] « The movement had not won popular support on the continent, and no definite branch of the Pan-European Union had been formed in England [...]. It was obvious that such a movement was too theoretical and quixotic to achieve any practical European Collaboration. The movement had been used as a platform for discussing European goodwill, and as such had done useful propaganda. As a definite movement it remained very much a matter of personal propaganda by its founder. The feeling in England about such movements was one of general sympathy, but unwillingness to link up with any definite movement or scheme [....] Our feeling was that European confederation was part and parcel of the League of Nations, and that any practical achievement must be attained through the machinery of the League [...]. It was too early for any drastic political union of post-war Europe ». In Dunford House Association, Cobden Memorial, United States of Europe …, op. cit., p. 16.

[18] Voir Christian Birebent, Militants de la paix et de la SDN : les mouvements de soutien à la Société des Nations en France et au Royaume-Uni : 1918-1925, Paris, L’Harmattan, 2007.

[19] Sur ce point, voir : Lubor Jilek, « L’idée d’Europe devant la guerre : les exilés et le fédéralisme européen en Suisse, 1938-1945 », dans Andrea Bosco (dir.), The Federal Idea : the History of Federalism since 1945, vol. 2, Londres, Lothian Foundation Press, 1992, p. 24.

[20] Lubor Jilek, « L’idée d’Europe devant la guerre… », op. cit., p. 26.

[21] Compte rendu de la conférence des présidents de section, réunis à Olten le 17 octobre 1943 : Archives fédérales Suisses, Berne, Fonds Europa-Union, J.II.110, carton 50, dossier « Korrespondenz 1943 ». Cité par Lubor Jilek, « L’idée d’Europe devant la guerre… », op.cit., p. 48.

[22] En 1936, Richard Coudenhove-Kalergi a essayé d’obtenir un financement de sa Paneurope par la NCS en adhérant nominalement à celle-ci. En 1940, Lionel Curtis demande à Lord Davies de fusionner son organisation avec la nouvelle Federal Union avec l’objectif avoué d’en obtenir des subsides. Sa correspondance avec Lord Lothian est limpide sur ce point. La réputation de banquier des mouvements pacifistes et européistes du Lord gallois est bien établie.

[23] Le Foreign Committee of Federal Union est animé, en janvier 1941 par : Francis Eyre (France Libre), Wenzel Jacksch (Allemands des Sudètes), F. L. Josephy (Grande-Bretagne), Charles Kimber (Grande-Bretagne), Christina Dowson, Honorary Secretary, R. W. G Mackay (Grande-Bretagne), Konni Zilliacus (Grande-Bretagne).

[24] Selon Federal Union News du 4 novembre 1939, n°7.

[25] Id.

[26] Fondation Jean Monnet, Lausanne, dossier Archibald Evans.

[27] « It may interest you to know that Rawnsley, accompanied by Leslie [Edgeworth], who had been British Vice-Consul in Innsbruck, came to Geneva in the Autumn 1939 and gave a talk to the officials of the League of Nations and criticized them because they worked for an organization of Nation-States [...]. I was not present at Rawnsley’s talk, though my wife was [...]. I was in fact invited by Rawnsley to give up my work at the International Labor Office and take on the job of Research adviser to Federal Union, but in the circumstances of the time and of my work, I could not accept such an offer », in Fondation Jean Monnet, Lausanne, idem.


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