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Résister pour exister. Aperçu des réticences belges à l’Europe autour des Plans Briand et Schuman

Geneviève DUCHENNE

Le sentiment européen des Belges

Pour bien mesurer les « réticences » [1] belges à l’Europe autour des Plans Briand et Schuman, il convient, avant tout, de dresser le portrait du « sentiment européen » [2] généralement éprouvé dans ce pays. La démarche – nécessaire pour jauger le contraste – peut sembler originale. En effet, la situation géographique du royaume combinée au dynamisme européen de plusieurs ténors politiques – Paul-Henri Spaak, Léo Tindemans, Jean-Luc Dehaene, Guy Verhofstadt… – ont indéniablement contribué à forger l’image d’un pays foncièrement « europhile » [3]. Même si ce tableau idéal a été quelque peu écorné à la suite des différentes crises politiques qui secouent le pays depuis les élections législatives de juin 2007, le rôle européen joué par la Belgique remonte bien en amont de cette période où l’Europe est entrée en action. En dépit de contextes politiques très différents, des lignes de forces subsistent d’un après-guerre à l’autre. Ainsi, outre le rôle de trait d’union joué par les divers gouvernements belges, remarquons que les opinions publiques semblent généralement peu concernées par la politique étrangère. Certes, « le coup de massue » de 1914 contraint « la Belgique à regarder dehors » et à ne plus décliner une « participation à la vie politique du continent » [4]. Mais, les opinions publiques suivent-elles le mouvement ? Rien n’est moins sûr ! Le 10 janvier 1930, le ministre catholique Albert-Edouard Janssen, président de l’Union belge pour la SDN, mettait en perspective le travail de propagande accompli, depuis huit ans, par son association. « La tâche s’est avérée particulièrement difficile », expliquait-il, parce qu’il ne s’agissait « pas seulement de faire connaître la SDN », mais bien de faire une « éducation internationale des opinions publiques belges » [5]. Après la Seconde Guerre mondiale, alors que la Belgique rompt avec la politique de neutralité lancée en 1936 et prend une part active à la mise en place des institutions internationales – Benelux, Pacte de Bruxelles, OTAN et CECA –, l’opinion publique ne s’enthousiasme pas davantage pour les questions de politique étrangère. « Tant de conférences se sont succédé depuis deux ans », note Fernand Dehousse en 1946, « que le public, même cultivé a perdu pied et pour employer une formule un peu vulgaire, mais qui fait image, ne s’y retrouve plus » [6]. Cette tendance se manifeste aussi à travers les sondages d’opinion réalisés entre 1946 et 1964 par l’Institut universitaire d’information sociale et économique (Insoc) [7]. Source à manier avec prudence [8], elle demeure essentielle pour appréhender les préoccupations de la population. Davantage captivé par la Guerre froide, le sort de l’Allemagne et surtout la Question royale, le public belge souscrit généralement à la politique étrangère menée par les dix gouvernements qui se succèdent sous la régence (1944-1950) [9]. Toutefois, les enjeux des grands dossiers européens de l’époque échappent à l’opinion publique. Un sondage réalisé début 1955 au sujet de la CED dévoile que seuls 21,51 % des Belges « connaissent dans leurs grandes lignes, les dispositions du projet » [10]. Ce faible pourcentage explique sans doute pourquoi seules 28,49 % des personnes interrogées regrettent l’échec du projet. Mais si, curieusement l’intérêt pour l’intégration européenne n’est pas évident, l’opinion publique y est plutôt favorable. Une enquête menée en 1957 montre que si 50,2 % des personnes interrogées ne savent rien au sujet de la CECA, 49,8 % ont déclaré en savoir quelque chose [11]. Parmi ces derniers, 14,5 % en ont une connaissance vague, ou la confondent avec d’autres institutions internationales – et ce parce qu’ils ne lisent ou n’entendent parler que rarement de la CECA. La connaissance est plus précise chez 35,3 % des sondés qui, mieux informés, souhaitent majoritairement (77,2 %) sa réussite, alors qu’une minorité (2,2 %) espère son échec [12]. Derrière ces chiffres et ces témoignages affleure donc un décalage entre l’image d’un pays investi d’une mission européenne et des opinions publiques mues, in fine, par un sentiment européen fort peu passionné. Mais, que cache ce désintérêt ? Points d’orgue dans l’histoire de l’unification européenne, le Plan Briand (1929-1930) et le Plan Schuman (1950-1952) constituent indéniablement deux bons leviers pour calculer le degré d’adhésion affective à la nécessité de faire l’Europe. Propulsé sur la scène politique, le débat européen atteint, en effet, un degré d’intensité propice à dégager les positions des différentes factions idéologiques. Aussi, bien que les réactions belges vis-à-vis des propositions formulées à vingt-et-un ans de distance par les deux ministres français des Affaires étrangères soient d’ores et déjà connues [13], il n’est pas inutile d’y revenir en négatif pour découvrir les résistances belges à l’Europe d’un après-guerre à l’autre.

Le Plan Briand (1929-1930)

La proposition faite par le ministre français des Affaires étrangères, Aristide Briand, à Genève, le 5 septembre 1929, lors de la Xe Assemblée de la SDN suscite de très nombreuses réactions. En Belgique, la presse commente largement ce haut fait d’éloquence, même si en réalité le brillant orateur s’est exprimé en des termes assez vagues pour préconiser l’instauration d’une « sorte de lien fédéral entre les peuples qui sont géographiquement groupés comme les peuples d’Europe ». Régulièrement oubliée par la suite, la suggestion faite par le ministre belge des Affaires étrangères, le libéral Paul Hymans, a également retenu l’attention des médias belges. Le discours dans lequel le ministre requiert une réduction progressive des tarifs douaniers « est de loin », écrit L’Indépendance belge, « le plus intéressant de la session » [14]. Entre le 9 septembre 1929 et le 17 mai 1930 – date à laquelle le gouvernement français, chargé de préciser les points à étudier, remet un Mémorandum aux gouvernements européens – c’est l’optimisme et le consensus qui dominent. La politique menée à Genève par le gouvernement Jaspar II – cette coalition catholique-libérale est au pouvoir de novembre 1927 à mai 1931 – reçoit très largement l’approbation du public et même celle de l’opposition socialiste emmenée par Émile Vandervelde. Cette unanimité s’explique par le fait que la Belgique espère massivement que le Mémorandum français s’attachera à mettre en application les recommandations de la Conférence économique internationale de Genève de mai 1927. Dès lors que Paris subordonne le problème économique au politique, c’est tout un pays qui est déçu. Si Le Soir conclut à « l’entière adhésion de notre pays au principe de l’Union européenne » [15], La Nation belge ironise : « Qui donc voudrait avoir l’air de ne pas être l’ami de la paix et bon Européen ? » [16]. De fait, plusieurs franges de la société belge n’ont pas été soulevées par l’enthousiasme général. Bien au contraire ! Alors que plusieurs socialistes belges et européens s’engagent aux côtés de Briand, estimant que c’est à eux seuls qu’incombe la tâche d’ériger « la Société des Nations européennes, pour le Salut de l’Europe » [17], les communistes désapprouvent. L’extrême gauche fait connaître son opposition par le biais du Drapeau rouge, organe de presse du Parti communiste belge. Déjà, en octobre 1926, à la faveur du premier Congrès paneuropéen de Vienne, le quotidien dénonçait « l’union criminelle de l’Europe contre l’URSS » et se lançait dans une longue plaidoirie en faveur des « États-Unis de l’Europe socialiste  » [18]. En septembre 1929, renouant avec cette rhétorique et se faisant l’écho des Izvestia de Moscou [19], Le Drapeau rouge rejette l’idée d’une Europe « libérale », revancharde et bourgeoise précisant que le Plan Briand entraînerait « les nations dans une croisade antisoviétique » [20]. Les lignes de fractures sont nettement plus complexes au sein du monde catholique. Si, depuis les encycliques des papes Benoît XV et Pie XI, une fraction était disposée à promouvoir l’idée d’un internationalisme susceptible de restaurer une Europe chrétienne, cette option est raillée par les tenants d’un catholicisme réactionnaire. À travers Le XXe siècle, La Revue catholique des idées et des faits, ou La Nation belge, ils défendent une politique étrangère nationaliste basée sur l’application la plus stricte des clauses du traité de Versailles. Obsédé par les conséquences d’une politique briandiste jugée beaucoup trop indulgente envers l’ancien belligérant, Fernand Neuray par exemple qui dirige La Nation belge, s’évertue à garder vivace le souvenir de la Grande Guerre. Aussi ne cesse-t-il de mettre en garde son lectorat contre toute forme de collaboration avec l’Allemagne : « Contenue et surveillée par des partenaires avertis, méfiants, robustes, prêts à s’entendre et à se liguer contre elle au premier geste d’agression », écrit-il le 31 mars 1924, « l’Allemagne pourrait être un facteur de progrès et de prospérité en Europe » [21]. Autrement dit, catholiques réactionnaires – à travers La Revue latine, La jeunesse nouvelle, La Revue catholique des idées et des faits – et nationalistes – via La Nation belge ou L’Action nationale – se rejoignent pour critiquer la vacuité du traité de Versailles et maudire l’anarchie régnant dans l’Europe d’après-guerre. Partisans inconditionnels d’un retour à l’ordre, tant au niveau de la nation qu’à l’échelle du continent, ils ébauchent, depuis le début des années 1920, une singulière vision d’avenir où l’union de la France, de l’Italie et de la Belgique présiderait à la restauration d’une Europe catholique [22]. Mais, les critiques les plus virulentes à l’égard du Plan Briand émanent peut-être des jeunes relèves catholiques. Non sans monter au créneau pour dénoncer « la bêtise nationaliste de Monsieur Fernand Neuray […] qui a arrêté sa montre le 11 novembre 1918 » [23], des revues telles que Les Jeunesses politiques, La Nouvelle Équipe, L’Avant-garde, La Parole universitaire, L’Esprit nouveau, considèrent le Plan Briand comme une manœuvre du Quai d’Orsay pour recouvrer « l’hégémonie spirituelle, politique et économique de la France » [24]. Favorables à l’idée européenne, ces jeunes catholiques s’opposent à la génération précédente en conspuant un ordre versaillais qui maintient, cette fois, l’Allemagne au ban de la société des nations européennes. Le jeune et influent Raymond De Becker a très bien traduit ce motif. Usant d’une rhétorique parfois violente – ne jette-t-il pas à « la fosse commune Briand et Coudenhove, Le Soir et La Libre Belgique » [25] – il aspire au retour d’une « Europe chrétienne » qui sauvegarderait les nationalités et instaurerait un régime de justice et de collaboration « par des formules neuves, adaptées aux exigences de l’heure, à l’évolution des esprits, aux développements économiques » [26]. Aussi, dans un article qu’il livre, en septembre 1931, à Antieuropa [27] – dans cette livraison le directeur Asvero Gravelli défend une Europe fasciste opposée à celle de Genève – De Becker déplore les lacunes de la propagande fasciste en Belgique contrairement à celle menée par les « briandistes » et les « Soviets ». « Lorsque l’on se rend compte de cette situation », invective-t-il, « on ne comprend pas pourquoi l’Italie se plaint encore des sentiments d’hostilité que beaucoup de Belges manifestent à son égard alors qu’ils se pâment d’admiration – les imbéciles ! – devant un Briand dont la propagande est, elle aussi, bien organisée ». Voix isolées ? Pas vraiment. Si l’« Internationale fasciste doit propager l’idée d’Union européenne, non pas à la manière de Briand, mais selon la conception chrétienne et fasciste de la vie internationale » [28], d’autres revues politico-littéraires – La Nouvelle Équipe et La Parole universitaire [29] – entonnent le même refrain. En dépit de son échec, il reste que le Plan Briand sert bien d’amorce pour un changement de perspective, notamment parce que la crise économique qui touche gravement l’Europe au tournant des années 1930 et 1931, rend plus cruciale encore la question des réformes de structures à l’échelle européenne. Or, cette question va rejaillir avec force en 1950 autour du Plan Schuman.

Le Plan Schuman (1950-1952)

Lorsque le 9 mai 1950, le ministre français des Affaires étrangères propose de « placer l’ensemble de la production franco-allemande du charbon et de l’acier sous une Haute Autorité commune dans une organisation ouverte aux autres pays d’Europe » [30], la Belgique s’étonne : « Robert Schuman », note l’éditorialiste de La Revue nouvelle, « a réussi à créer ce qu’au théâtre on appellerait un gros effet… » [31]. Jugée « sensationnelle » [32], « capable de marquer le début d’une ère nouvelle » [33], la « bombe Schuman » [34] soulève, dans la presse, autant d’espoirs que de questions. De son côté, le gouvernement belge – qui contrairement à septembre 1929 a été tenu au courant des intentions du Quai d’Orsay [35] – ne sous-estime pas les difficultés liées à la mise en œuvre d’un plan qui « met très brutalement en question l’existence même de l’industrie charbonnière » [36]. Au-delà, le climat ambiant est à l’orage. Sur le plan international, le déclenchement de la guerre de Corée en juin 1950 ravive la peur de la Guerre froide et pose la question de la défense de l’Occident et partant, du réarmement allemand. Sur le plan intérieur, la Belgique est violemment secouée par la Question royale. Celle-ci atteint son paroxysme à l’été 1950 lorsque la Wallonie, proche de l’insurrection, s’oppose au retour du roi Léopold III. Sur le plan socio-économique enfin, la situation est pour le moins paradoxale en ce début des années 1950 : « la conscience de l’urgence d’une modernisation est contrebalancée par l’absolue nécessité de produire avec l’outil disponible à cause de la conjoncture » [37]. L’année 1949 sonne, en effet, le glas du « miracle belge » et pendant les années 1950, le royaume affichera la croissance économique la moins forte d’Europe avec un taux de chômage élevé [38]. Enfin, la technicité du dossier rend le débat difficile [39]. Alors que la déclaration du 9 mai avait un objectif éminemment politique – « la solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l’Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible » [40] –, ce sont principalement les considérations économiques et sociales qui prennent le dessus [41]. De ce fait, même si la bataille fait rage entre partisans et détracteurs du Plan, les débats seront circonscrits aux milieux directement concernés par la proposition française [42]. Notons qu’ils s’exporteront aussi vers les milieux universitaires. Mais alors que les uns tentent « d’aider tout homme soucieux du bien commun à se former une opinion éclairée » [43], d’autres prennent carrément parti. Jacques Van Offelen, professeur à l’Université coloniale d’Anvers, s’efforçant de démontrer les avantages du Plan Schuman ; Charles Demeure de Lespaul, grand spécialiste des problèmes charbonniers à l’Université de Louvain d’en dénoncer les travers [44]. Aussi, sans entrer dans les arcanes de discussions longues et difficiles – elles courent du 9 mai 1950 au 12 juin 1952 [45] – soulignons qu’un clivage apparaîtra de plus en plus nettement, au fil du temps, entre les adeptes et les détracteurs de réformes de structures [46]. Si d’aucuns craignent pour l’avenir de l’industrie charbonnière belge, d’autres – à l’instar du sénateur Étienne de la Vallée Poussin ou du secrétaire général du ministère de l’Économie Jean-Charles Snoy et d’Oppuers – estiment que le Plan Schuman permettra d’assainir un secteur malade depuis la Première Guerre mondiale [47]. Autrement dit, les mondes patronal, syndical et politique sont traversés par des courants divers – les positions des uns et des autres n’étant ni figées, ni toujours très claires. Ainsi le futur député et ministre libéral Jacques Van Offelen qui jugeait, en juin 1950, le Plan Schuman « libéral » [48], estime, en mars 1951, qu’il s’agit d’« un plan de socialisation larvée des entreprises » [49]. De son côté, Roger Motz, président du Parti libéral et président de la Ligue européenne de coopération économique (LECE) [50], intervenant, en novembre 1950, indique : « En Belgique, c’est le tiers de l’industrie charbonnière qui est menacé […] et ce qui complique tout le problème, c’est que les mines flamandes sont riches et prospères et que les mines wallonnes sont vieilles et dépouillées d’une partie de leurs ressources minérales. Pour notre pays, c’est un problème politique en même temps que social, d’une gravité sans précédent qui risquerait d’opposer une race contre une autre » [51]. Même si, in fine, les libéraux estimeront que le Plan Schuman permettra de remédier à certains maux que la Belgique serait incapable de relever seule, ils redouteront généralement que la Haute Autorité n’instaure « un régime de dirigisme intégral sur le plan international » [52]. Au-delà, ce sont aussi les dangers politiques et sociaux inhérents à la rationalisation d’un secteur charbonnier malade que pointent syndicats et responsables politiques. Dès lors, le débat se complique parce qu’aux questions cruciales – garantie de l’emploi, maintien des salaires, représentation/participation des syndicats à la gestion de la Haute Autorité –, s’ajoutent des conflits de personnes. Au sein du Parti socialiste, Paul-Henri Spaak, Fernand Dehousse et Arthur Gailly s’opposent à Pierre Vermeylen, Achille Van Acker et Henri Rolin [53]. Le vieux sénateur socialiste, qui avait pourtant soutenu en 1930 le Plan Briand, remet en cause la constitutionnalité du traité de Paris [54]. À l’instar de plusieurs éminents juristes belges – Paul De Visscher, professeur de droit international ou Walter Ganshof van der Meersch, président de la Cour de Cassation – Henri Rolin estime qu’avant la ratification, il faut réviser l’article 25 de la Constitution qui consacre le principe fondamental de la souveraineté nationale (« Tous les pouvoirs émanent de la nation ; ils sont exercés de manière établie par la Constitution »). Or une révision de la Constitution pour régler le problème de l’abandon de souveraineté demeurait une démarche non seulement longue, mais aléatoire dans le contexte belge de l’époque… Du côté des sociaux-chrétiens, alors que Pierre Wigny récuse les arguments des « constitutionnalistes » [55], il y a lieu de souligner la « lourdeur » [56] de la politique européenne menée par Paul van Zeeland d’août 1949 à avril 1954. Ténor du PSC/CVP et leader de la LECE, van Zeeland est très peu enclin à abandonner une part de la souveraineté nationale [57]. Il craint, à l’instar de ses collègues, que la construction européenne ne se fasse sur le dos des petits États [58]. De ce fait, ni le Plan Schuman, ni les projets CED et CPE, ne firent l’objet d’engagements décisifs de la part des sociaux-chrétiens au pouvoir entre 1950 et 1954. En ce sens, le retour de Paul-Henri Spaak aux Affaires étrangères en avril 1954 marque un véritable tournant… [59] à tel point que, lors de la relance, Spaak que les caricaturistes identifient à la construction européenne [60], deviendra même « Monsieur CECA ». Seuls les communistes, comme en 1929, sont unanimement contre le Plan Schuman. Mais comme le note l’hebdomadaire satirique Le Pourquoi Pas ? en mai 1950, « les communistes sont toujours contre. Ils sont antitout comme Cagayous. Leur presse s’est déjà empressée de déclarer que la proposition Schuman avait été inspirée ou imposée par les Américains » [61]. Relayant les positions du Kominform, Le Drapeau rouge dénoncera régulièrement, entre 1950 et 1952, les dangers économiques du Plan Schuman – « misère, chômage, guerre » [62] –, ses origines américaines, ses intentions antisoviétiques. Par ailleurs, jouant sur le sentiment anti-allemand toujours prégnant dans la Belgique d’après-guerre [63], le quotidien entretient sciemment une confusion entre la CECA – « Europette des trusts » [64] –, et la CED – « la première n’étant que le paravent économique de la seconde » [65]. Alors que Paul van Zeeland signe, le 27 mai 1952 à Paris, le traité de CED, les caricatures de Didier Geluck – dit Diluck – qui paraissent dans Le Drapeau rouge insistent sur le fait que la nouvelle armée européenne dissimule, à peine, l’ancienne Wehrmacht [66]. Alors que Le Drapeau rouge n’hésite pas à affirmer que l’idée européenne a été lancée par des « ancêtres » peu recommandables – Charlemagne, le Kaiser et Hitler [67] –, fallacieusement, la Fédération des associations charbonnières (FEDECHAR) [68] jouera à son tour sur la fibre anti-allemande de la population belge pour se défendre des accusations portées par le fameux rapport du bureau Robinson & Robinson. Connu dès juin 1950 mais gardé secret, de larges extraits sont publiés, le 29 mai 1951, dans La Dernière Heure. Alors que débute « la bataille de la ratification » (mai 1951-juin 1952), ce rapport affirme qu’il est possible de réduire le prix moyen du charbon belge et qu’il est nécessaire de réduire la main-d’œuvre et de moderniser les infrastructures. La contre-offensive est immédiate [69]. FEDECHAR [70] orchestre une véritable campagne de propagande en inondant le public et le personnel politique de brochures dans lesquelles une constante demeure, la dénonciation systématique du danger allemand : « Le centre de gravité de l’industrie lourde de l’Europe occidentale va […] systématiquement être déplacé vers l’Allemagne, ce qui aura inévitablement pour effet d’établir la prépondérance économique de celle-ci sur le reste du complexe. Comment ne se rend-on pas compte qu’en ce faisant, on met délibérément entre les mains de ce pays un atout formidable du point de vue politique. Il est certain que le jour où les déplacements de production […] auront atteint un degré suffisant, l’Allemagne, forte de sa prépondérance économique, sera en mesure d’imposer ses volontés d’un point de vue politique » [71]. Finalement, les parlementaires, pragmatiques, ratifieront le traité de Paris – les sénateurs, le 5 février 1952 (102 voix pour, 4 contre, 58 abstentions), les députés le 12 juin 1952 (165 voix pour, 13 contre et 13 abstentions) – au terme d’un vif débat où les adversaires du Plan se montrèrent plus pugnaces que les partisans.

Résister pour exister dans un cadre européen

Si les clivages sont plus nets dans les années 1930 et l’opposition plus farouche dans les années 1950, des lignes de force demeurent. Les détracteurs des Plans Briand et Schuman se rejoignent, à deux décennies de distance, pour dénoncer les manœuvres de la France et/ou de l’Allemagne. Ces deux grands voisins sont soupçonnés d’user de l’idée d’Europe unie pour tenter d’asseoir leur hégémonie politique et/ou économique sur le continent. De ce fait, les oppositions aux Plans Briand et Schuman ne sont pas des oppositions à l’Europe. Elles traduisent bien davantage les craintes nourries par un petit pays qui redoute une remise en cause de son existence dans un contexte international tendu. L’exemple communiste mis à part, les différentes factions idéologiques belges ne conçoivent, en effet, l’avenir du pays que dans un cadre européen. Reste à définir celui-ci en tenant compte des particularismes belges – le contexte politique intérieur étant important pour comprendre notamment pourquoi la Belgique allait rater en 1952 sa désignation en tant que siège de la Haute Autorité de la CECA [72]. Outre la dimension politique, il s’agit aussi de prendre en considération la texture économique d’un petit pays à l’économie ouverte. C’est en ce sens que le Plan Briand éveille autant d’espoirs. De tradition libre-échangiste, parce qu’elle ne peut vivre enfermée dans ses frontières, la Belgique espère que le Mémorandum Briand permettra de lever les entraves au commerce international. C’est aussi pourquoi, le Plan Schuman suscite autant de craintes. Le pays redoute la nationalisation de deux industries de base et le dirigisme de la Haute Autorité – dirigisme qui sans doute rappelle trop, en ces temps de Guerre froide, la structure soviétique et les idées planistes d’Henri De Man. Pour reprendre la belle expression de Michel Dumoulin, la Belgique n’est donc « entrée en CECA ni avec foi ni avec amour » [73]. En effet, et contrairement à une vision trop souvent idéalisée des débuts de la construction européenne [74], le pays s’est parfois montré bien frileux envers le processus d’intégration européenne. La disparité du « sentiment européen » qui oscille, parfois au sein des mêmes mouvances idéologiques, entre réticences et enthousiasmes, invite certainement à prolonger cette réflexion historique [75] – non sans oublier, comme le rappelle le politologue gantois Rik Coolsaet, qu’« à partir des années 1960, la construction de l’Europe devint inséparable en Belgique de la réforme de l’État » [76].

[1] En référence à l’étude de Jean-Benoît Pilet, Émilie Van Haute, « Les réticences à l’Europe dans un pays europhile », dans Justine Lacroix, Ramona Coman (dir.), Les résistances à l’Europe. Cultures nationales, idéologies et stratégies d’acteurs, Bruxelles, Éditions de l’Université Libre de Bruxelles, 2007, p. 211-225.

[2] À suivre l’historien Robert Frank, le sentiment européen désigne « le degré d’adhésion affective à la nécessité de faire l’Europe, avec l’acceptation des droits qui en découlent, mais aussi des devoirs qu’implique cette construction. En bien des cas, l’adhésion à l’Europe est de raison mais non d’inclinaison […]. Le sentiment européen naît au xxe siècle, mais il se confine souvent dans les cercles militants et il est bien plus faible que les sentiments nationaux ». Cf. « Introduction », dans Robert Frank (dir.), Les identités européennes au xxe siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2004, p. 9-10.

[3] Outre l’étude de Jean-Benoît Pilet, Émilie Van Haute mentionnée en note 1, cf. Geneviève Duchenne, Esquisses d’une Europe nouvelle. L’européisme dans la Belgique de l’entre-deux-guerres (1919-1939), Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2008, p. 49-63.

[4] Louis de Lichtervelde, Méditations pour le Centenaire, Bruxelles, Librairie A. Dewit, 1930, p. 40.

[5] Archives de l’Université catholique de Louvain (AUCL), Louvain-la-Neuve, Papiers A.-E. Janssen, n° 101, Discours d’A.-E. Janssen, Bruxelles, 10 janvier 1930.

[6] Fernand Dehousse, « La Belgique et les grandes conférences internationales », Le Flambeau, 1947, p. 250.

[7] À ce sujet, cf. Michel Dumoulin, « Opinion publique et politique extérieure en Belgique de 1945 à 1962. Orientation des études et perspectives de la recherche en Belgique », Res Publica. Revue de Science politique, vol. xxvii, 1985, n° 1, p. 3-29 ; Vincent Dujardin, « Opinion publique belge et construction européenne. De la Libération aux élections européennes de 1979 », dans Marie-Thérèse Bitsch, Wilfried Loth, Charles Barthel (dir.), Cultures politiques, opinions publiques et intégration européenne, Bruxelles, Bruylant, 2007, p. 285-300.

[8] Michel Dumoulin, « Opinion publique… », op. cit., p. 9-10, 26-27. Notons que l’Insoc s’est focalisé sur des questions telles que la politique étrangère du gouvernement (1948), l’armée européenne et le réarmement de l’Allemagne (1950), l’énergie nucléaire et la bombe atomique (1954), les accords de Paris, la politique des États-Unis et de l’URSS (1955).

[9] Insoc, 1955, n° 6, p. 110.

[10] Insoc, 1955, n° 1, p. 10-11.

[11] Insoc, 1957, n° 2, p. 17-18.

[12] Ibid., p. 61-62.

[13] Sur la réception du Plan Briand en Belgique, voir Marie Houtart, « Réactions en Belgique face au Plan Briand (1929-1930) », dans Michel Dumoulin (dir.), Penser l’Europe à l’aube des années 30. Quelques contributions belges, Louvain-la-Neuve – Bruxelles, Bureau de Recueil – Éditions Nauwelaerts, 1995, p. 35-93 ; Michel Dumoulin, « La Belgique et le Plan Briand : l’annonce de réformes de structures au plan européen », dans Antoine Fleury, Lubor Jilek (dir.), Le Plan Briand d’Union fédérale européenne : Perspectives nationales et transnationales, avec documents. Actes du colloque international tenu à Genève du 19 au 21 septembre 1991, Berne, Peter Lang, 1998, p. 93-102 ; Geneviève Duchenne, Esquisses…, op. cit., p. 86-99. Pour une histoire du Plan Schuman et de la CECA, cf. Dirk Spierenburg, Raymond Poidevin, Histoire de la Haute Autorité de la Communauté du Charbon et de l’Acier. Une expérience supranationale, Bruxelles, Bruylant, 1993. Sur la réception du Plan Schuman en Belgique, voir Michel Dumoulin, « La Belgique et les débuts du Plan Schuman (mai 1950 – février 1952) », dans Klaus Schwabe (dir.), Die Anfäge des Schuman-Plans 1950/1951. Beiträge des Kolloquiums in Aachen, 28-30, Mai 1986, Baden-Baden – Milan – Paris – Bruxelles, Nomos Verlag – Giuffrè – LGDJ – Bruylant, 1987, p. 271-284 ; Anne Morelli, « Le débat sur l’Europe au sein de la gauche belge de 1952 aux Traités de Rome », dans Enrico Serra (dir.), La relance européenne et les Traités de Rome. Actes du colloque de Rome, 25-28 mars 1987, Baden-Baden – Milan – Paris – Bruxelles, Nomos Verlag – Giuffrè – LGDJ – Bruylant, 1987, p. 653-681 ; Elisabeth Devos, Le Patronat belge face au Plan Schuman (9- mai 1950 – 5 février 1952), Louvain-la-Neuve, Ciaco Editeur, 1989.

[14] L’Indépendance belge, 7 septembre 1929, p. 2.

[15] Le Soir, 18 juillet 1930, p. 1.

[16] La Nation belge, 18 juillet 1930, p. 1.

[17] Les Cahiers de l’Églantine, n° 3, mars 1931, p. 28.

[18] Le Drapeau rouge, 10-11 octobre 1926, p. 3.

[19] Cf. Archives du ministère des Affaires étrangères de Belgique (AMAEB), Bruxelles, Dossier 651 « France politique 1930 », Rapport d’E. de Gaiffier d’Hestroy à P. Hymans, Paris, 12 juin 1930.

[20] Le Drapeau rouge, septembre 1929, p. 1.

[21] Regards sur l’Europe, Bruxelles, Société nouvelle d ‘éditions, 1934, p. 137.

[22] À ce sujet, cf. Geneviève Duchenne, « Un bloc latin ? Ou de l’importance d’unir la Belgique, la France et l’Italie dans les années 20 », dans Michel Dumoulin et al. (dir.), Italie et Belgique en Europe depuis 1918, Bruxelles-Rome, Institut historique belge de Rome, 2008, p. 19-46.

[23] Réalité, 19-20 mars 1934, p. 1.

[24] Papiers F. Bauthier, Bruxelles : Raymond De Becker, « La Patrie contre l’Europe », s.d. (avril 1931), p. 1.

[25] Le Rouge et le Noir, 10 juin 1931, p. 6.

[26] Ibid.

[27] Antieuropa, juillet septembre 1931, p. 2018-2022.

[28] Ibid., p. 2021.

[29] La Nouvelle Équipe, n° 3-4, été-automne 1929, p. 428-432 ; La Parole universitaire, n° 6, juin-juillet 1930, p. 62.

[30] Cité d’après François Roth, Robert Schuman. Du Lorrain des frontières au père de l’Europe, Paris, Fayard, 288, p. 393.

[31] La Revue nouvelle, n° 11, 1950, p. 606.

[32] La Libre Belgique, 13 mai 1950, p. 5.

[33] L’Écho de la Bourse, 10 mai 1950, p. 1.

[34] La Relève, 6e année, n° 20, 20 mai 1950, p. 8.

[35] Vincent Dujardin, « Mai 1950 : Le Plan Schuman, l’Allemagne prévenue après le Benelux », Revue européenne d’histoire, vol. 8, n° 1, 2001, p. 63-66.

[36] Michel Dumoulin, « La Belgique… », op. cit., p. 271.

[37] Pierre Tilly, André Renard, Bruxelles, Le Cri, 2005, p. 421-422.

[38] Éric Buyst et al. (dir.), La Banque nationale de Belgique, du franc belge à l’euro, Bruxelles, Racines, 2005, p. 178-181.

[39] Michel Dumoulin, « La Belgique… », op. cit., p. 271.

[40] Cité d’après François Roth, Robert Schuman, op. cit., p. 393.

[41] Ibid. Un sondage réalisé en 1957 montre ainsi que la majorité des personnes interrogées (82,9 %) pense que la CECA a été créée en vue d’atteindre des buts économiques, techniques et sociaux. Seuls 8,8 % des personnes interrogées assignent au Pool Charbon Acier des objectifs plus ou moins politiques ou idéologiques, et 0,7 % des buts militaires. Ajoutons que 7,6 % des sondés n’ont pas répondu ou ont déclaré ne pas avoir d’opinion à ce sujet… Cf. Insoc, 1957, n° 2, p. 29.

[42] Voir notamment Roch Hannecart, « Le dernier carré ». Les charbonniers belges, libres entrepreneurs face à la CECA (1950-1959), thèse de doctorat en histoire, Institut universitaire européen de Florence, 2008.

[43] Voir le numéro spécial de la revue Études économiques : « Le Plan Schuman devant l’opinion belge et étrangère », n° 81-82, novembre 1951.

[44] Charles Demeure de Lespaul, L’industrie charbonnière belge et le Plan Schuman, Louvain, Ceuterik, 1951.

[45] Moment où se clôture le processus de ratification du Traité CECA signé à Paris le 18 avril 1951.

[46] Michel Dumoulin, « La Belgique… », op. cit., p. 277.

[47] Roch Hannecart, « Albert Coppé, le bon élève », dans Geneviève Duchenne, Michel Dumoulin, Vincent Dujardin (dir.), Rey, Snoy, Spaak, Fondateurs belges de l’Europe. Actes du colloque organisé à Rome les 10 et 11 mai 2007, Bruxelles, Bruylant, 2007, p. 219.

[48] La Dernière Heure, 28 juin 1950, p. 2.

[49] Ibid., 12 mars 1951, p. 2.

[50] La LECE adopte à l’égard du Plan Schuman « une attitude généralement constructive ». Cf. Michel Dumoulin, Anne-Myriam Dutrieue, La Ligue Européenne de Coopération Économique (1946-1981). Un groupe d’étude et de pression dans la construction européenne, Berne – Berlin – New York, Peter Lang, 1993, p. 48-56.

[51] Cité d’après Michel Dumoulin, « La Belgique… », op. cit., p. 274.

[52] Ibid., p. 278.

[53] Voir, à ce sujet, Graziella Marchal-Van Belle, Les socialistes belges et l’intégration européenne, Bruxelles, Éditions de l’Institut de sociologie de l’Université Libre de Bruxelles, 1968, p. 38-48.

[54] Journal des Tribunaux, 10 juin 1951, p. 345-346.

[55] Études économiques : « Le Plan Schuman devant l’opinion belge et étrangère »…, op. cit., p. 145-152.

[56] Michel Dumoulin, « La politique étrangère », dans Wilfried Dewachter et al. (dir.), Un parti dans l’histoire (1945-1995), Gembloux, Duculot, 1995, p. 378-383.

[57] Voir, entre autres, Geneviève Duchenne, « Regards sur l’Europe ou les ressorts de l’engagement européen de Paul van Zeeland », dans Sylvain Schirmann (dir.), Robert Schuman et les Pères de l’Europe. Cultures politiques et années de formation. Actes du colloque de Metz des 10, 11 et 12 octobre 2007, Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2008, p. 201-217.

[58] Michel Dumoulin, « La politique étrangère… », op. cit., p. 378-383.

[59] Cf. Michel Dumoulin, « Une politique européenne à plusieurs voix (1950-1962) », dans Jan Art, Luc François (dir.), Docendo discimus : Liber Amicorum Romain Van Eenoo, t. 1, Gand, Academia Press, 1999, p. 269-289.

[60] Natacha Wittorski, « Paul-Henri Spaak et la construction européenne dans la caricature politique (juin 1955 – mai 1957) », dans Geneviève Duchenne, Michel Dumoulin, Vincent Dujardin (dir.), Rey, Snoy, Spaak..., op. cit., p. 265-300.

[61] Le Pourquoi Pas ?, 19 mai 1950, p. 8.

[62] Le Drapeau rouge, 28 janvier 1952, p. 3.

[63] Insoc, 1950, n°3, p. 39-45.

[64] Le Drapeau rouge, 13 mars 1956, p. 1.

[65] Anne Morelli, « Le débat sur l’Europe au sein de la gauche belge… », op. cit., p. 664-665.

[66] Voir, dans Le Drapeau rouge, les caricatures de Diluck intitulées « Camouflage » (30 janvier 1952) et « Entre gens du monde » (20 mai 1952).

[67] Dans « Salut à Paul-Henri Spaak » (Le Drapeau rouge magazine, 1er juin 1957, p. 3), Diluck évoque la remise du prix Charlemagne à Paul-Henri Spaak, alors Secrétaire général de l’OTAN, en dessinant les portraits de Charlemagne, du Kaiser et d’Hitler.

[68] FEDECHAR est intimement liée à la haute finance belge par le truchement de deux holdings – la Société générale et la Banque de Bruxelles – qui contrôlent à eux seuls 65 % de la production charbonnière totale et 70 % de la production sidérurgique.

[69] Cf. Roch Hannecart, « Le dernier carré »…, op. cit.

[70] Fédération des associations charbonnières de Belgique.

[71] Les conséquences du Plan Schuman pour la Belgique, Bruxelles, FEDECHAR, 1951, p. 32-33.

[72] Pour une mise au point, cf. Michel Dumoulin, « Bruxelles : ville, région, capitale régionale, nationale et européenne », dans Marie-Thérèse Bitsch (dir.), Le fait régional et la construction européenne, Bruxelles, Bruylant, 2003, p. 272-273.

[73] Michel Dumoulin, « La Belgique… », op. cit., p. 284.

[74] Voir notamment, Gérard Bossuat, « Déclaration Schuman : de l’histoire au mythe », dans Andreas Wilkens (dir.), Le Plan Schuman dans l’histoire. Intérêts nationaux et projets européens, Bruxelles, Bruylant, 2004, p. 390-420.

[75] Et emboîter, en ce sens, le pas de la science politique… Cf. Jean-Benoît Pilet, Émilie Van Haute, « Les réticences à l’Europe… », op. cit., p. 223.

[76] R. Coolsaet, La politique extérieure de la Belgique. Au cœur de l’Europe, le poids d’une petite puissance, Bruxelles, De Boeck, 2002, p. 356.


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