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Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

UMR SIRICE

Bureau F 628

17 rue de la Sorbonne

75231 Paris cedex 05

mail : sirice@univ-paris1.fr


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Introduction

Sophie BABY
Michelle ZANCARINI-FOURNEL

Ce numéro des Cahiers IRICE est consacré aux actes d’une journée d’études organisée le vendredi 13 mars 2009 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, intitulée « L’histoire croisée. Réflexions méthodologiques autour de la comparaison internationale en histoire ». La rencontre s’inscrivait dans le cadre d’un programme ANR de recherches en cours (2007-2010) sur « Racialisation et genre des rébellions urbaines » dans le second vingtième siècle, qui s’intéresse à la comparaison entre des mouvements sociaux du même type dans plusieurs pays européens (France, Royaume-Uni, Belgique, Italie, Allemagne…) [1]. Ce programme avait déjà fait l’objet l’année précédente d’une journée d’études comparative consacrée aux problématiques générationnelles et territoriales [2]. Il s’agissait cette fois-ci d’affiner les axes de recherche du programme en approfondissant les réflexions méthodologiques générales sur la comparaison, qui est aussi au centre des objets de recherche de l’UMR IRICE autour des relations internationales, des identités et des cultures européennes. Histoire comparée, histoire croisée, histoire transnationale, histoire globale, histoire connectée, ces diverses appellations se réfèrent à des catégories d’analyse et à des approches différenciées dans l’espace et dans le temps. Dans un monde de plus en plus globalisé, nombre de phénomènes ne peuvent plus se penser à la seule lumière de l’échelle nationale, mais nécessitent une approche transnationale, voire planétaire, au-delà des historiographies nationales. La méthodologie de la comparaison internationale en histoire a considérablement évolué ces dernières années : il ne s’agit plus de simplement mettre en regard deux ou plusieurs réalités, de confronter des expériences en distinguant points communs et divergences, dans une vision relativement statique du réel. On cherche désormais à mettre en lumière les échanges, les circulations des hommes, des biens, des idées, les phénomènes de connexions et de transferts culturels, dans une approche résolument dynamique des objets étudiés. On parle moins d’histoire comparée que d’histoire croisée, d’histoire connectée ou encore de world history. Cependant, si les études transnationales se sont multipliées dans cette perspective, elles restent peu nombreuses dans la recherche française, même si les figures tutélaires de Marc Bloch, de Lucien Febvre ou de Fernand Braudel sont parfois invoquées pour démontrer l’antériorité des préoccupations françaises en ce domaine. Il est donc apparu nécessaire de faire le point sur les avancées méthodologiques qu’a connues, ici et ailleurs, l’historiographie, tant d’un point de vue théorique que dans ses applications concrètes, tant d’un point de vue chronologique que d’un point de vue spatial. Pour dialoguer, nous avons invité des spécialistes qui ont développé leurs réflexions sur l’usage de l’histoire comparée, l’histoire croisée et l’histoire connectée. Nous avons également souhaité avoir une présentation des approches comparatistes en science politique dans la lignée interdisciplinaire de notre programme ANR, associant historien(ne)s, sociologues et politistes. En lien avec ce programme, nous terminerons cette rapide présentation en évoquant ce qui peut constituer l’aporie d’une histoire globale. En effet, il faut souligner l’impact d’un livre d’histoire comparée, l’ouvrage de Samuel Huntington, The Clash of Civilization and the Remaking of World Order (traduction française chez Odile Jacob en 1997) qui a rencontré un immense succès public. Les civilisations y sont définies principalement par certaines de leurs caractéristiques culturelles, en particulier religieuses. Malgré les critiques de cette approche, la thèse continue de séduire ceux qui manient volontiers les concepts « d’identité nationale », de « traditions » et de « racines culturelles », invoqués afin d’analyser l’inégale prédisposition des civilisations à s’acheminer vers un « progrès » identifié à l’Occident. La « culturalisation » des populations migrantes concernées par les épisodes de rébellions urbaines dans des quartiers ségrégués des villes françaises et européennes conduit à une naturalisation, voire à une essentialisation de ces groupes sociaux. Comme l’a souligné Nancy Green « S’agissant des immigrés et de leurs descendants, “religions” et “ethnicité” sont devenues des catégories hautement médiatisées, mais aussi utilisées dans les sciences sociales en France et aux États-Unis. […] les immigrés sont “musulmans” en France, “groupes ethniques” aux États-Unis » [3]. Pour reprendre le titre d’un article de Michael Werner et Bénédicte Zimmermann paru en 2003 dans les Annales HSS, cette journée d’étude, qui avait pour ambition de franchir sans encombre les frontières nationales et européennes, s’est positionnée entre « empirie et réflexivité » [4] comme le montrent les textes publiés ici qui nous déplacent non seulement dans l’espace, mais aussi dans le temps en faisant jouer les échelles d’observation et les points de vue.

[1] Ce programme de recherches, dirigé par Michelle Zancarini-Fournel, s’inscrit dans les travaux de l’UMR IRICE et de l’UMR Triangle (ENS-LSH, Université Lumière de Lyon 2). Il a bénéficié du financement de l’Agence nationale de la recherche dans le cadre du programme « Conflits, guerres, violence ».

[2] Intitulée « Rébellions urbaines : comparaison Belgique-France-Italie », cette journée d’études s’est déroulée le 10 avril 2008 à la Sorbonne dans le cadre de l’UMR IRICE. En questionnant d’abord la notion de génération, il s’agissait de réfléchir à l’évolution des modalités d’action collective entre les deux générations d’immigrés qui se sont succédé en Belgique et en France depuis les années 1970. Andrea Rea (Université libre de Bruxelles) a évoqué les luttes sociales des immigrés et de leurs descendants, de l’usine au quartier, tandis qu’Adellali Hajjat (EHESS/ENS LSH-Lyon) a comparé deux figures des luttes de l’immigration postcoloniale en France, les travailleurs immigrés et ceux qu’on a surnommés les « beurs », en mettant l’accent sur l’impact des temporalités de la mémoire coloniale. Il s’agissait ensuite de mettre en relation ces luttes sociales avec les territoires urbains dans lesquels elles se déroulent, à partir de l’étude croisée, sur la moyenne durée, des cas de Lyon (analysé par Michelle Zancarini-Fournel) et de Milan (étudié par Paola Rebughini, de l’Université de Milan).

[3] Nancy Green, « Religion et ethnicité : De la comparaison spatiale et temporelle », Annales HSS, n°57-1, 2002, p. 127-144, citation p. 128.

[4] Michael Werner et Bénédicte Zimmermann, « Penser l’histoire croisée. Entre empirie et réflexivité », Annales HSS, n°58-1, 2003, p. 7-36.


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